Quelques balises pour une vidéo pédagogique efficace
1. Le cadrage dans les vidéos pédagogiques
(Contenu publié initialement par Grégory Fizaine sur le blog du LLL, le 15 et 18/4/2019)
Pour que le récit soit intelligible, tant dans le propos que visuellement, il existe quelques règles simples à respecter. Toute règle peut bien entendu être enfreinte, et cela fait régulièrement l’objet de tentatives de se singulariser, mais le résultat est souvent décevant.
La valeur de plan
Chaque valeur de plan porte un nom :
A vous de choisir la valeur de plan en fonction du contexte. Les plans plus larges seront utilisés afin de situer le lieu de tournage si cela est justifié. Les plans les plus serrés sur le visage du personnage portent l’attention du spectateur sur le regard et donc les sentiments exprimés. Dans le cadre de vidéos pédagogiques, ce sont en général les plans taille et poitrine qui sont préférés.
La règle des tiers
La façon de préserver la composition du plan choisi est de respecter la règle des tiers. Cette dernière consiste à situer approximativement la tête, le visage ou les yeux (en fonction du plan) sur une ligne horizontale imaginaire située sur le tiers supérieur de l’image.
Le regard
Lorsque nous écoutons un interlocuteur nous cherchons naturellement le contact visuel. Ce dernier est donc important également dans les vidéos pédagogiques. Si la vidéo veut exprimer le fait que le professeur s’adresse directement à l’apprenant, on privilégiera un cadrage face caméra, où le professeur regarde droit dans l’objectif de la caméra (comme s’il parlait à l’apprenant qui se trouve face à lui).
Dans certains contextes, le sujet filmé ne s’adresse pas directement au spectateur qui regarde la vidéo mais s’adresse à une tierce personne : journaliste ou intervieweur. La personne qui regarde la vidéo est alors spectatrice d’un dialogue qui se déroule entre deux autres individus. C’est le cas dans les reportages en général (JT…). Dans les vidéos pédagogiques, ce cas de figure est rencontré lors d’interviews d’experts par exemple. Dès lors, le sujet filmé ne regarde pas droit dans la caméra mais regarde légèrement de biais, car il parle en réalité à quelqu’un qui se trouve juste à côté de la caméra. Et ceci, même si l’intervieweur n’apparait pas dans le champ.
Examinez cela dans la vidéo suivante : on comprend, par le cadrage, que les enseignants parlent à un intervieweur, même si celui-ci n’apparait pas à l’écran et si l’on ne l’entend pas poser de question.
Dans ce type de configuration, on veillera à « laisser de l’air » dans le cadrage du sujet : on laisse de l’espace libre dans la direction vers laquelle le sujet regarde.
La règle des 180°
Cette règle s’applique dans le contexte d’un dialogue entre deux personnes. Le principe est simple. Imaginons une ligne virtuelle (ligne de regard) entre deux personnages, tous les plans (principal, champs et contrechamps) devront être réalisés du même côté de cette ligne.
Dans le cadre des vidéos pédagogiques, ce cas de figure est rencontré lors d’un dialogue entre le professeur et un invité ou lors d’un débat entre deux professeurs.
Mais prenons un exemple imaginé à partir d’un feuilleton sentimental du midi, qui fait la part belle aux dialogues. Imaginons un riche dialogue entre deux personnages. Quelle est, à votre avis, la prise de vue correcte ?
L’exemple A est le reflet de la violation de la règle des 180°, il y a donc perte de la cohérence spatiale.
Appliquées à nos deux exemples, les prises de vue seraient réalisées de la façon suivante :
En fin de compte
Les éléments détaillés ci-dessus n’ont pour vocation que de vous guider, ils ne doivent pas nécessairement être respectés à la lettre.
Faites confiance à votre propre sens de l’esthétique et, pourquoi pas, tentez des choses si le contexte vous le permet.
2. La prise de son dans les vidéos pédagogiques
Je vous propose un petit test.
Oh, pas de questionnaire interminable ni de profonde introspection, non, juste le rapide visionnage de deux courtes vidéos de prime abord identiques.
Aucune des deux vidéo n’est agréable à regarder ou à entendre… mais laquelle est la plus désagréable ? Il y a fort à parier que vous ayez désigné l’extrait dont le son est mauvais.
Souvent négligé lors de la réalisation de vidéos, le son est pourtant d’une importance capitale. Une bonne prise de son dépend tout autant de la qualité du matériel utilisé que de son placement.
Dans le cadre de la réalisation des vidéos des MOOCs de l’UCLouvain au sein du LLL, j’ai opté pour le micro-cravate sans fil (Sennheiser) couplé à un enregistreur numérique (Zoom H4n). Solution qui, à mon sens, apporte le plus de souplesse et le meilleur résultat.
Je vous sens dubitatif… une petite démonstration ?
La différence est sans appel, n’est-ce pas ? L’intérêt du système sans fil est tout autant évident :
Vous voilà donc convaincu·e par ce choix… Reste maintenant à utiliser correctement ce matériel pour lequel le point d’attention essentiel est le placement du micro. Plus le micro est proche du sujet, meilleur sera le son.
Le micro-cravate possède un spectre d’enregistrement adapté à la voix humaine ce qui permet de s’affranchir d’une partie du son ambiant… mais pas totalement. Son avantage, outre sa relative discrétion, est donc de pouvoir isoler la voix de l’intervenant… pour autant qu’il soit correctement positionné.
Je vous sens demandeur d’un exemple, le voici:
Le micro-cravate est un bon choix lorsque l’on est seul et que l’on enregistre une ou deux personnes.
La synchronisation du son et de l’image s’effectue au montage. Elle est facilitée par une fonction dédiée dans les logiciels évolués (ex: Premiere pro). Si votre logiciel de montage en est dépourvu vous aurez pris soin d’effectuer un « clap » au début de chaque prise.
La méthode décrite ci-dessus nécessite un certain investissement en matériel (micro-cravate sans fil, enregistreur numérique, logiciel de montage…). Si le budget fait défaut vous pouvez opter pour une solution « low cost » décrite dans cet article. Tous les conseils dont je vous ai fait part s’appliquent également à ce cas de figure.
Vous n’aurez désormais plus d’excuse en ce qui concerne la qualité du son de vos futures vidéos… mais il ne faudrait toutefois pas que vos productions ressemblent au 2è extrait de cet article .